mercredi 21 décembre 2011

Alfreda Benge



Alfreda Benge par John Bratby



Alfreda Benge, née en 1940, est une artiste britannique, peintre, illustratrice et parolière. Epouse et compagne de route de Robert Wyatt (batteur de Soft Machine), elle est à l'origine de son travail solo.
Active à ses côtés par son apport visuel mais, également, par de magnifiques textes, elle a su par sa vision valoriser la voix/voie unique de Robert Wyatt.







"En 1974, nous découvrons Rock Bottom, une pochette déconcertante avec son crayonné de gris, une illustration paisible et oppressante à la fois. L'album sortira le jour du mariage entre Alfie et Robert.
Alfreda Benge y est créditée pour la pochette ("Cover by Alfreda Benge") mais aussi comme "Voice" sur le second morceau de la face B dont le titre lui est dédié: Alifie.




Par la suite, Alifie signera la plupart des pochettes de la carrière solo de Robert Wyatt.
Sur Dondestan, Alifie sera la parolière de nombreux morceaux (Sight Of The Wind, Shrinkrap, Catholic Architecture, Costa, Worship).




Sur les albums suivants (Shleep, Cuckooland) la collaboration entre Alifie et Robert sera plus forte encore:

"Ce disque (Shleep) est le fruit d'une totale collaboration entre ma femme et moi : elle a écrit des poèmes, dessiné la pochette, choisi la typographie, l'ordre des morceaux.
Pour moi, rien n'est plus important que ce duo, ce groupe que nous formons. Je suis peut-être vieux jeu, mais je ressens chaque jour le besoin de justifier la raison pour laquelle je l'ai épousée. Elle n'a qu'une vie et elle me l'a consacrée. Si je gâchais mon existence, je gâcherais la sienne aussi. Et ça, c'est une idée que même la musique ne pourrait me faire supporter..."
(interview R.W. in Télérama 1997).




Alfreda Benge a également réalisé des pochettes d'albums pour d'autres musiciens tels que Fred Frith ou Annette Peacock, toujours dans ce style naïf et intriguant que nous lui connaissons maintenant bien. Elle a aussi exposé à plusieurs reprises mais je ne dispose (pour l'instant) d'aucune copie de ses travaux extra-discographiques." (Une discographie de Robert Wyatt)






Wikipedia
Robert Wyatt and stuff

4 commentaires:

charlu a dit…

Quel magnifique billet Yom. On imagine pas assez l'impact d'une telle collaboration.. sa muse, celle qu'on ne mantionne que trop rarement dans les tablettes de l'îcone barbu. Par le biais de cette fusion, on cerne plus puissemment le génie et la tournure de sa carrière solo.
Ceci dit, "Rock Bottom" est un des plus beau disc de "rock" de l'histoire, avec la plus belle chanson que j'ai jamais écouté "Sea Song".. quel séisme cette découverte.
Merci pour ce joli cadeau et ta vision juste et précise.

Vers du Silence a dit…

Cher Charlu,
merci pour ton enthousiasme et tes compliments : ça me touche vraiment beaucoup !
J'avais envie de parler d'Alfreda Benge car elle a su investir l'univers de son mari à sa juste dimension : une certaine naïveté en surface avec plus de gravité en profondeur au regard des morceaux de Robert Wyatt. "Sea song" en est un exemple parfait !
Je t'embrasse Charlu.

charlu a dit…

Oui, le contraste de la naïveté graphique et de la profondeur abstraite de Wyatt est un tourbillon troublant... en même temps, quand j'écoute Sea song pour la 10 000ème fois, je reste toujours anéanti par le mystère de composer une telle chanson, d'apparence naïve quand même (intro, clavier, nappe, voix) mais gérée par un cerveau fulgurant et instinctif. C'est donc avec ce recul que je regarde les pochettes avec plus de profondeur, histoire d'aller chercher la substance feinte. Complèmentarité, complicité ... c'est étourdissant ce couple.
Le final "sea song" est la bande son exacte du trouble qui surgit de ce mélange, de ce naturel complexe, cette poèsie fauve.
Bizz too

Le Club Des Mangeurs De Disques a dit…

Hello my dear Yom,
Toutes mes félicitations pour cette présentation toute en simplicité et en justesse. En plus, j'ai appris quelque chose car je ne savais pas qu'Alfie avait réalisé des pochettes pour d'autres artistes. Je vais chercher les disques dès que possible.
Great big kiss,
Dom Jimmy