mardi 1 janvier 2013

E.E. Cummings – J’aime mon corps (I like my body, 1925)



"J’aime mon corps quand il est avec ton
corps. C’est une si toute nouvelle chose.
Muscle améliore et nerf plus donne.
j’aime ton corps. j’aime ce qu’il fait,
j’aime ses comments. J’aime sentir l’échine
de ton corps et ses os, et la tremblante
-ferme-douce eur et que je veux
encore et encore et encore
embrasser, j’aime de toi embrasser ci et ça,
j’aime, lentement caressant le, choc du duvet
de ta fourrure électrique, et qu’est-ce qui arrive
à la chair s’écartant… Et des yeux les grosses miettes d’amour,
et possiblement j’aime le frisson
de sous moi toi si toute nouvelle."


E.E. Cummings


E.E. Cummings, Poèmes choisis (traduits par Robert Davreu), éd. José Corti, 2004

"E.E. Cummings a lui-même défini la poésie comme ce qui ne peut être traduit. Entendons : le poème est la parole absolument singulière qui, d’un même mouvement, dynamite – et dynamise aussi – la langue pour inventer la sienne dans le refus de tout ce qui est commun, ou qui relève, disait avant lui Mallarmé, de l’universel reportage. Comme une lettre d’amour, le poème n’a pas de public, il n’a pour destinataire, si nombreux qu’ils puissent être, que des lecteurs singuliers, visés chacun dans ce qui le différencie, dans son être unique, dans ce qui, de lui, demeure farouchement et irréductiblement rebelle à toute négation et dissolution de soi dans une pseudo-identité sociale ou collective, mortifère par essence, si l’on ose dire ; mortifère dans le refus de la condition de mortel qui la sous-tend. En chaque lecteur le poème s’adresse au poète et au vivant mortel qu’il est aussi, à l’amoureux, au fou, à l’enfant, à l’idiot qu’il demeure..." (Robert Davreu)

José Corti

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Très beau poème... et si vrai... Je t'aime mon amoureux, corps et âme !
Ta chérie

Anonyme a dit…

i carry your heart with me

i carry your heart with me (i carry it in
my heart) i am never without it (anywhere
i go you go, my dear; and whatever is done
by only me is your doing, my darling)

i fear
no fate (for you are my fate, my sweet) i want
no world (for beautiful you are my world, my true)
and it's you are whatever a moon has always meant
and whatever a sun will always sing is you

here is the deepest secret nobody knows
(here is the root of the root and the bud of the bud
and the sky of the sky of a tree called life; which grows
higher than soul can hope or mind can hide)
and this is the wonder that's keeping the stars apart

i carry your heart (i carry it in my heart)

Je t'aime.
K

Anonyme a dit…

''Muscle améliore et nerf plus donne.''
C'est une traduction Google?

Vers du Silence a dit…

Bonjour,
non ce n'est pas une traduction Google mais un extrait d' "E.E. Cummings, Poèmes choisis"(traduits par Robert Davreu), éd. José Corti, 2004 (p.33).