samedi 5 mars 2016

Michael Alizon & Jean-René Mourot - Les couloirs du temps



Nous voilà repartis dans des univers parallèles avec le nouveau projet de Michael Alizon & Jean-René Mourot. Respectivement saxophoniste et pianiste, ces deux musiciens proposent sur le label de musiques actuelles et vivantes, Momentanea, leur nouvel opus "Les couloirs du temps".
Rencontre d'instruments à vent et à cordes, deux compléments d'objets miraculeux dialoguant, se répondant, chuchotant ou revendiquant.
Histoires mystérieuses et envoûtantes.


Camaïeux d'ambiances, de l'improvisation au douces mélodies en passant par la verve du hard bop, le temps se décline, s'infuse et parfois disparait au fin fond d'un couloir perdu... De morceau en morceau, telle une odyssée, nous traversons des espaces et des lieux en toute liberté.

"C'était il y a longtemps. Avant même que quiconque ait pu dévoiler le mystère de la musique. C'était à une époque si lointaine qu'il n'y avait que le silence." écrit Michel Arcens sur la pochette intérieure du disque.
Une introduction qui prend tout son sens à l'écoute des 9 morceaux.



Une production, digne d'ECM, qui vous amènera loin au pays de vous-même, hors des contrées fades, insipides et du tout venant sans relief!
L'album sera disponible début avril et est hautement recommandé par l'équipe de Vers du Silence.

Momentanea
Les couloirs du temps

dimanche 10 janvier 2016

Ingmar



Ingmar, trio strasbourgeois formé de Sarah Jamali (voix/FX), Vincent Posty (basse/guitare) et Pascal Gully (batterie), nous offre un premier album très inspiré.
Leur création, intrinsèquement liée au septième art et - en particulier - à certains grands réalisateurs (Jarmusch, Lynch, Fassbinder, Soderbergh, Cassavetes, Lumet ou encore Bergman), forme un point d'ancrage dans un univers musical riche et contrasté.



Faire des liens est un sens fort pour Ingmar. Un rapport cinématographique précis, un film, entre un morceau et sa respiration. Des ambiances protéiformes où la basse lourde de Vincent - qui n'est pas sans rappeler celle de David Wm. Sims (Jesus Lizard) - côtoie la voix ivre, parfois furieuse et tranchante de Sarah avec la batterie sensible et puissante de Pascal.


D'un rock underground, électrique, éclectique, à de l'improvisation libre et même psychédélique, Ingmar explore dans son album en 16mm une peinture vivante faite de sons et d'images. Un livre parfois coloré, parfois en Noir et Blanc. Il suffit de laisser son oreille zoomer!

Ingmar

jeudi 24 décembre 2015

Akpatok - Two Winters, Two Springs



Akpatok, projet de Dawid Adrjanczyk, vient de sortir, en cette fin d'année 2015, son deuxième album Two Winters, Two Springs sur Low Clouds Records.
Nous avions déjà eu l'occasion de présenter ce musicien lors de la sortie de sa première production, Through the spruce gate into the snowy forest (ici).
Voyageur au pays des drones, magicien expérimentateur, Akpatok réitère sur un chemin de longévité, en construction.



Two Winters, Two Springs est constitué de six compositions minimalistes.
Autour de Dawid Adrjanczyk (vielle à roue, cloches, gongs), nous trouvons Nina Adrjanczyk (cloches, gongs) ainsi qu'Adam Sobański (gongs).


l’Eau, l’Air, la Terre, le Feu.
Car les Eléments traversent de part en part les saisons, quelles qu'elles soient.
Elles se répètent année après année, siècle après siècle. Un commencement et une fin. Un cercle immuable du vivant. Perpétuel. Inconditionnel.
Two Winters, Two Springs détient cette alchimie et la porte comme un battement de cœur infini.

Artwork by Nina Adrjanczyk

Entre les éléments métalliques et percussifs, qui transportent la matière dans de profonds échos, et les vagues de cordes vibrantes et frottées, qui caressent l'atmosphère d'une mer de sable, Akpatok ouvre des portes de la perception. Antique et millénaire. Un fil d'Ariane. Un souffle. Des silences. Une humanité.

Akpatok
Nina Adrjanczyk Graphic Art

dimanche 29 novembre 2015

Arbre du Ténéré



Arbre du Ténéré est un duo italien de musique ambiant/cosmik/psychédélique formé du guitariste Maurizio Abate et du sound designer Canedicoda.

Historiquement, l'Arbre du Ténéré était un acacia qui se dressait, solitaire, dans le désert du Sahara (dans le nord-ouest du Niger), et était considéré comme l'arbre le plus isolé au monde avec, dans un rayon de 400 kilomètres tout autour, aucune végétation. Il constituait un point de référence pour les caravanes de chameaux qui traversaient cette zone aride.
En 1973, l'arbre fut abattu par un camionneur libyen ivre.


C'est en s'appropriant cette histoire et en lui offrant une mise en scène musicale que le duo réalise l'album La pelle del fantasma.



Musicalement, Arbre du Ténéré se présente comme un dialogue entre improvisations, semées de structures harmoniques, avec des sonorités ambiantes, des cascades et des tissages rythmiques.
La présence de l'Arbre se dessine dans leur musique voyageuse, traversant un désert de battements et d'échos pluriels.
Dans son processus de développement, l'album porte les vibrations d'une solitude lointaine.
Et le temps s'inverse sur des routes (é)perdues.
Une membrane fragile instille un courant imaginaire.
Dans l'espace, être happé entre nuit et brouillard. Sans cesse...




Holydays records
Maurizio Abate

dimanche 15 novembre 2015

Cello + Laptop



Cello + Laptop est un duo formé par Sara Galán (violoncelle) et Edu Comelles (electronics, field recordings).
Cette formation expérimentale a vu le jour à Valence en Espagne, il y a environ cinq ans.



Fruit d'une collaboration féconde, Cello + Laptop s'illustre par un dialogue entre l'instrumentation classique et le son protéiforme ambiant/électronique.
De nombreux enregistrements - la majorité en live - nous offrent une belle discographie, même si ces derniers n'ont pas de sortie physique.
En avril 2015 sort l'album Segments, petit chef d'œuvre du genre.


L'identité centrale se forge autour du violoncelle de Sara Galán : ses notes graves, solennelles, sont un chant de velours.
Le travail fin et ciselé d'Edu Comelles souligne avec beaucoup de justesse le son des cordes. Ses interventions sont subtiles, nuancées, sensibles.
On se laisse saisir par ce nouveau monde éclairant comme un appel bienveillant.

Un petit tirage CD (30 exemplaires sur papier japonais) avec 2 vidéos est disponible ici.
N'hésitez pas à découvrir le travail individuel des deux musiciens.


Cello + Laptop
Edu Comelles
Sara Galán

samedi 31 octobre 2015

Melisa



photo : Anna Kieblesz


Melisa est un trio polonais de musique noise core et bruitiste composé de Romanowski Mateusz (guitare & voix), Gawinecki Marcel (basse) et Stawarz Michał (batterie).
Jeune formation de Varsovie, elle vient de sortir, il y a quelques semaines, un puissant album, Dla Melizy.



Composé de 12 pistes relativement courtes, Dla Melizy est un projet tout en relief qui joue sur les contrastes et instille de nombreux décalages.
Batterie débridée, guitare bruitiste et basse fuzz lourde produisent une alchimie électrique et bouillonnante.



Melisa

dimanche 23 août 2015

Jean-René Mourot / Bruno Tocanne



"Chroniques de l'imaginaire" est le nouveau projet du duo Jean-René Mourot (piano) et Bruno Tocanne (batterie).
Enregistré fin août 2014, cet opus de 8 morceaux met en scène deux musiciens exceptionnels.



Jean-René Mourot, pianiste agile, sensible, vigoureux, est doué d'une ouverture et d'une écoute hors-pair.
S'illustrant dans des compositions libres et rigoureuses, voyageant dans une musique moderne et vivante, conjuguant jazz et esprit contemporain, il nous amène sur des chemins surprenants. Quelle surprise d'entendre le toucher d'un Bill Evans rencontrant l'âme d'un Robert Wyatt!

Bruno Tocanne, batteur libre aux rythmes (dé)posés, méticuleux et attentif dans ses dialogues, cultive avec amour son jardin. Il souligne et prend soin des échanges avec le piano. Il donne et est à l'écoute.
Pas de surcharges, ni de fioritures. Il apporte une véritable dimension à l'instrument qu'est la batterie en lui donnant vie, avec des battements de cœur.


Le fruit de ce duo improvisé, Chroniques de l'imaginaire, est un disque touchant, rare, émouvant.
On est traversé par sa sincérité et elle laisse, en nous, une trace.
Une nouvelle très belle production du label Momentanea qui commence à se constituer un beau catalogue.
Un disque à découvrir d'ici quelques jours et chaudement recommandé par l'équipe de Vers du Silence.

Chroniques de l'imaginaire

mardi 28 juillet 2015

Cober Ord



Cober Ord est un duo de musiques rituelles et extrêmes formé par Yan Arexis et Yann HA.
C'est en 2012 que ces expérimentateurs débutent cette aventure singulière.
Pour ce faire, ils s'entourent d'une plateforme d'instruments et d'objets (gong, guitare, lapsteel, objets, instruments handmade, pédales d'effet...) conjuguée à une expression vocale (cris, chant diphonique, chuchotement...).
C'est une action d'envoûtement massive, un cri primal qui redonne au verbe urbain son sens primitif !
En 2014, sort "Le Revers du Soleil", leur premier album.


Même si Cober Ord peut être situé à un carrefour de genres, il n'en garde néanmoins une identité vive, aussi bien musicale que visuelle.
Sur "Le Même Arbre Se Répète", on perçoit une tension commune avec les allemands d'Einstürzende Neubauten ou encore sur "Sortiarius" avec les américains de Swans...
Ce binôme exaltant ouvre des portes. Où la façon d'envisager le futur est unique. Où la manière d'extraire le présent est puissant.


"Notre musique est une musique underground faite d'expérimentations, d'essais. Parce que seule la musique underground est en phase avec son temps. C'est une musique de réaction ET de construction. Contrairement au mainsteam qui n'est qu'une musique d'exploitation".



Cober Ord