mardi 1 janvier 2013
E.E. Cummings – J’aime mon corps (I like my body, 1925)
"J’aime mon corps quand il est avec ton
corps. C’est une si toute nouvelle chose.
Muscle améliore et nerf plus donne.
j’aime ton corps. j’aime ce qu’il fait,
j’aime ses comments. J’aime sentir l’échine
de ton corps et ses os, et la tremblante
-ferme-douce eur et que je veux
encore et encore et encore
embrasser, j’aime de toi embrasser ci et ça,
j’aime, lentement caressant le, choc du duvet
de ta fourrure électrique, et qu’est-ce qui arrive
à la chair s’écartant… Et des yeux les grosses miettes d’amour,
et possiblement j’aime le frisson
de sous moi toi si toute nouvelle."
E.E. Cummings
E.E. Cummings, Poèmes choisis (traduits par Robert Davreu), éd. José Corti, 2004
"E.E. Cummings a lui-même défini la poésie comme ce qui ne peut être traduit. Entendons : le poème est la parole absolument singulière qui, d’un même mouvement, dynamite – et dynamise aussi – la langue pour inventer la sienne dans le refus de tout ce qui est commun, ou qui relève, disait avant lui Mallarmé, de l’universel reportage. Comme une lettre d’amour, le poème n’a pas de public, il n’a pour destinataire, si nombreux qu’ils puissent être, que des lecteurs singuliers, visés chacun dans ce qui le différencie, dans son être unique, dans ce qui, de lui, demeure farouchement et irréductiblement rebelle à toute négation et dissolution de soi dans une pseudo-identité sociale ou collective, mortifère par essence, si l’on ose dire ; mortifère dans le refus de la condition de mortel qui la sous-tend. En chaque lecteur le poème s’adresse au poète et au vivant mortel qu’il est aussi, à l’amoureux, au fou, à l’enfant, à l’idiot qu’il demeure..." (Robert Davreu)
José Corti
samedi 29 décembre 2012
Sixto Rodriguez
Ce matin, en écoutant la radio, j'entends un morceau d'un chanteur, Sixto Rodriguez. Stupeur : cela fit tilt à mes oreilles ! Je m'empresse sur internet à la recherche d'informations...
"Searching for sugar man", film documentaire de Malik Bendjelloul, sorti en France le 26 décembre 2012, retrace la destinée hors du commun de Sixto Rodriguez, un folk-singer américain engagé aux 2 albums si singuliers...
"Musicien folk américain né le 10 juillet 1942 à Détroit dans le Michigan, Sixto Rodriguez est le sixième enfant de sa famille, de là lui vient d'ailleurs son prénom. Il est rapidement confronté aux problèmes sociaux, venant d'une famille pauvre, d'immigrés mexicains appartenant à la classe ouvrière. Son père joue du blues, et le jeune Rodriguez est inspiré par le mouvement hippie. Il commence ainsi à s'intéresser et à faire de la musique très tôt. Il sort un premier single "I'll Slip Away" sur un petit label en 1967, puis plus rien jusqu'à ce qu'il signe chez le label Sussex. Il enregistre en 1969 (par erreur sous le nom de Rod Riguez) l'album Cold Fact qui sort un an plus tard, ainsi que l'album Coming From Reality qui sort en 1972. Les deux albums sont loin d'être des succès commerciaux et le contrat de Rodriguez se termine ainsi, le label Sussex étant d'ailleurs en difficulté (il disparaît en 1975).
Cependant, Cold Fact connaît un succès inespéré lorsqu'il sort en Afrique du Sud en 1974, il en est de même, en Australie et en Nouvelle-Zélande: Rodriguez y devient véritablement culte. Sans que Rodriguez ne l'apprenne, Cold Fact devient disque d'or en Afrique du Sud, où la population noire, sous le joug de l'apartheid, trouve dans les paroles engagées, voire provocatrices (l'album ne passe jamais sur les radios), un écho à leur révolte. Lorsque les exemplaires de l'édition Sussex sont épuisés, un label australien, Blue Goose Music, rachète les droits, et obtient d'excellents chiffres de ventes. Ayant vent de ce succès exotique, Rodriguez fait alors deux tournées en Australie, en 1979 et en 1981 (avec Midnight Oil), mettant d'ailleurs fin à des rumeurs sur sa mort, dues à son absence de la scène musicale pendant 8 ans. Mais il disparaît à nouveau à l'issue de ces deux tournées, et finit ses études en obtenant en 1981 sa licence de philosophie, et travaille ici et là, tout en s'investissant dans la vie politique.
Avec l'émergence d'internet, les enregistrements de Rodriguez commencent à se faire mieux connaître, y compris des européens et américains. Si bien qu'un fan décide de partir à sa recherche et finit par le retrouver par le biais de sa fille. Par ailleurs, une réédition de Cold Fact voit le jour en 2008, puis celle de Coming From Reality l'année suivante, donnant lieu à de nombreuses critiques enthousiastes, et participant pour beaucoup à la redécouverte de Rodriguez, qui commencera par la suite une nouvelle tournée, notamment - c'est une première - dans des festivals européens." (Source : Wikipédia)
Official Rodriguez website
jeudi 6 décembre 2012
vendredi 23 novembre 2012
TERRITOIRE / Olivier Arson
Le nouveau projet d'Olivier Arson, TERRITOIRE avec l'album "Mandorle", est un O.V.N.I musical entre alchimie répétitive et ambiance incarnée.
Grâce à la collaboration d’une constellation d’artistes de la scène alternative espagnole, ce disque est enregistré sur une période de 3 ans. Il fait suite à un très bon LP sous le nom de The Folding and the point.
Ce musicien, producteur et fondateur du label Envelope Collective, porte avec lui des mémoires lunaires, des mots fondateurs d'un monde parallèle :
"Jʼai tourné la tête sur le désert
Jʼai vu les miroirs se refermer comme des murs
Jʼai vu le blanc
Jʼai attendu et la chair a disparu dans la terre." (Ton père)
On se prend au jeu, on s'embarque dans ce voyage codé qui attire, nous prend par la main comme un chant obsessionnel voilé de silences.
Les scènes se dépendent, se suspendent, l'une après l'autre, s'enchevètrent... On se retrouve mêler sur cette corde raide, ce fil entre nous et nous, où le manque d'équilibre est comme un manque d'oxygène :
"Pourquoi tu continues si tʼy crois plus?
Pourquoi tu continues si cʼest toi les bruits?
Cʼest toi le sable
Cʼest toi la graisse
Cʼest toi le blanc
Cʼest toi lʼhomme quʼest par terre
C'est toi l'insecte." (Blanc)
Au bout de l'horizon, il y a le TERRITOIRE...
TERRITOIRE — Mandorle (Extraits / PRE-MIX) from Envelope Collective on Vimeo.
TERRITOIRE
samedi 10 novembre 2012
Michel Potage, Jac Berrocal & Claude Parle
Au détour de mes nombreux voyages sur le net, j'ai découvert ces vidéos du trio Potage/Berrocal/Parle à la Galerie Limitis à Paris, le 12 mars 2011. Ces trois artistes, pionniers de la scène free et improvisée française, s'offrent tout en énergie et s'envolent dans des mélopées en cadences (décadentes ?). Le ton est donné, sans limites, comme l'eût fait en son temps Jackson Pollock avec ses pinceaux. La scène est là, dans cette galerie, ce fond d'atelier, comme un espace de liberté qui s'anime et conquis le lieu. Un envoûtement en action !
Source photos : Flux Jazz
lundi 22 octobre 2012
Michniak
« Pour qui sonne le tilt (…) une affaire de distance et de temps »
Arnaud Michniak, après ses expériences collectives (Diabologum, Programme…), nous apporte sous son simple nom, un nouveau projet : «Pour qui sonne le tilt».
Fruit de recherches musicales personnelles et d’écrits toujours aussi puissants, Michniak se présente sous un nouveau jour. Les champs de création ont évolué, les paramètres ont été reprogrammés. Le rapport à la réalité reste le rapport à soi et donc à l’autre.
Michniak, la plus belle plume du «rock» français – ceci n’engageant que moi – se positionne hors des sentiers battus : je ne parlerai pas de slam, ni de rap, ni de spoken word, préférant à ces qualificatifs parler de poésie. Celle qui vit, celle qui soulève l’épiderme et engendre l’émotion. Loin des querelles idiotes des chapelles littéraires bien-pensantes, Michniak nous parle de son travail et de son ressenti. Parle vrai.
Vers du Silence : Comment as-tu abordé ce projet et dans quel contexte a-t-il été réalisé ?
Arnaud Michniak : "C’était bien étrange en vrai, je ne sais plus trop comment ça part, il y avait des mélodies qui restaient, des titres de chansons qui apparaissaient. Je travaillais, tricotais. Je ne sortais pas de chez moi. Les moments des prises proprement dites c’était comme des chutes. Je ne dormais pas trop, souvent sur le canapé avec la lumière allumée. Et puis la guitare, le piano, l’ordi, j’y allais mais je ne pouvais pas répéter, ça me brulait les doigts, c’était beaucoup de prendre la guitare ou d’aller au piano, de tenter quelque chose. Il fallait se faufiler, se frayer un chemin jusqu’à l’instrument, et avec lui trouver un moyen de glisser pour partir ailleurs. J’ai répété 6 mois la voix, un peu comme on connait, et puis une semaine avant d’entrer en studio j’ai chuchoté comme ça. Je me suis assis, j’avais besoin, pas d’asseoir mon public, de m’asseoir moi ! En studio j’ai pensé enlever la musique à un moment, laisser juste la voix les textes, et puis finalement j’ai laissé la musique j’ai bien fait. Il y a une ambiance dans ce disque que j’aime beaucoup, une attitude. C’est fragile, comme si ça pouvait aussi ne pas se faire. Les textes, certaines phrases datent de l’adolescence. Je garde des carnets, très vieux".
VdS : D’où te vient ce sens aigu de la réalité ? De l’enfance ? D’un évènement de ta vie… ?
A.M : "C’est l’écriture. L’écriture est un moyen de connaissance. Plus tu t’approches de la vérité de ton écriture, de là où tu en es, le fond et la forme, plus tu approches un des versants de la réalité. Quand on fait autre chose, ça passe par autre chose. Comme un prisme sur lequel tu agis et qui t’inonde en retour. Je transportais souvent mes textes dans un carton à dessin, j’aimerais bien dessiner aussi. D’où ça vient je ne sais pas, c’était dans l’air je crois, les gens avec qui j’ai vécus, des endroits, des livres. Peut-être une petite amoureuse qui avait ce prisme dans le regard. Peut-être autre chose plus loin".
VdS : La notion de temps est un élément très présent dans tes textes, que représente-t-elle pour toi ?
A.M : "Elle n’est pas si présente que ça je trouve. Parce que j’étais très enfermé peut-être, assez seul, vivant la nuit. Pour moi le temps n’existe pas, quand j’y réfléchis".
VdS : Il y a comme un défi dans cet album : extraire l’authenticité. Peut-on parler de recherche de l’idéal ?
A.M : "C’est comme une manière de respirer. Apprendre à marcher comme je dis dans un texte. Après il y a un feu oui… mais l’idéal c’est d’arriver à bien respirer et à bien marcher. Ou à bien souffler sur le feu si c’est ce qu’on veut".
VdS : Y a-t-il une volonté politique dans ta création ?
A.M : "Oui mais ce n’est pas une volonté je ne crois pas, c’est « normal ». C’est ce que j’ai traversé, on porte tous quelque chose".
VdS : A quoi aspires-tu artistiquement pour l’avenir ?
A.M : "Artistiquement je ne sais pas. Je commence un nouvel album… j’écris, j’aimerais refaire des films. Et puis je me dis que j’arrête tout périodiquement".
VdS : Le mot de la fin : une citation, un proverbe, une phrase, un mot … ?
A.M : "Sol".
Michniak
Sincères remerciements à Arnaud Michniak et à Emmanuelle pour leur attention et leur gentillesse.
jeudi 4 octobre 2012
dimanche 23 septembre 2012
VincenD
VincenD est un peintre français contemporain demeurant à Gallardon, commune d'Eure et Loire, située à 80 kilomètres de Paris, près de Chartres. Son lieu de résidence est un axe central dans sa recherche picturale : un lien passionnel le relie avec Gallardon et se décline dans son oeuvre. Sa poésie est tourmentée, vibrante, charnelle... Elle nous pénètre de ses champs de couleurs, ocres et ombrageux. Après quelques rencontres, nous voulions réaliser un entretien à l'occasion de son exposition le 29 septembre 2012 à Gallardon. Pour découvrir sa voie et mieux comprendre ses paysages.
LE PROCESSUS DE CREATION
VdS : Par quel processus as-tu été amené à t'exprimer au travers de la peinture et comment élabores-tu ton travail ?
VincenD : « L’idée de la peinture, et plus particulièrement l’huile, m'est venue très naturellement, plus que n’importe quelle autre matière. Gamin, j’allais rendre visite à un oncle peintre et ressentais une connivence sensorielle avec les matériaux. Le procédé me transperçait.
Les odeurs en premier, l’huile de lin, les pigments, la térébenthine, le pin des châssis… Impossible de trouver tout ça ailleurs. La viscosité de la pâte, sa brillance, son onctuosité. Cette substance permet des glacis formidables, étendre une noix de pâte à l’infini, épaisse ou diluée et cette ouverture physique avec les dégradés me transcendent. Au milieu, la noix déposée s’abandonne au bruit du lin que la spatule frotte. Suivant le grain, le son possède des rugosités différentes. L’huile est une matière qui me convient parfaitement parce qu’elle met un certain temps à sécher. Je suis un adepte de la pause, du break, du recul et ce long séchage me donne la liberté de pouvoir y revenir le lendemain, et même deux jours après. On peut ainsi réutiliser la couche moelleuse et continuer les dégradés sans être obligé de rechercher la couleur exacte à nouveau.
Pour le thème, il m’a fallu pas mal de temps pour me caler sur mon support. D’abord affublé d’un fâcheux penchant pour le figuratif, je suis arrivé à peindre des paysages marins, sans jamais trouver l’extase. C’est la révélation amoureuse et pathologique de mon village qui m’a fâcheusement orienté pendant presque dix ans, à peindre des horizons beaucerons percés de flèches et de petits bois. Et puis la Beauce est très maritime, les champs de blé vert tanguent comme la houle et les chalutiers dans les creux sont des tracteurs tombant dans les profonds sillons. Charles Péguy, poète de chez moi, a longtemps comparé ces deux endroits. La boucle fut bouclée et je devais me figer sur ce thème. Cette exposition d’ailleurs est la dernière sur mon village. Je pense avoir fait le tour et être arrivé à quelques compositions dont je rêvais il y a quelques années. Presque 130 seront affichées.
La peinture à l’huile et au couteau nécessitent de larges mouvements presque définitifs, des pulsions qui me donnent beaucoup de plaisirs, oubliant ainsi le souci du détail, latérales, tout en gardant la préoccupation de la profondeur. L’empattement du premier plan apporte le relief et le contraste aidé du noir (que je n’utilise jamais pur, mais à base de la couleur thème du tableau), pour la lumière il y a le tube de blanc de titane».
GALLARDON
VdS : Que représente pour toi ce lieu et que t'inspire-t-il ?
VincenD : «Mon village est un lieu de refuge pour me ressourcer. Je suis né sur cette terre et mes semelles ont toujours le contact avec ce limon gras et sombre, granulé de silex. Une fois de plus, la lumière, les odeurs et le drone des vents agitent tous les sens… l’odeur des moissons, les hautes forêts, les bois étriqués… Il a quand même fallu m’expatrier professionnellement dans la capitale pour prendre de plein fouet la Beauce vers laquelle je retourne quotidiennement. Chaque retour est un choc sous lequel je ne pourrais en apprécier la quintessence. Ma présence permanente m’aveuglerait. Mes balades dans les contrées sont pathologiques et l’envie de peindre systématique, rendre hommage au grands espaces et à cette ligne droite infinie de l’horizon. La capitale, j’y vais chercher le matériel et la musique».
LES CHRONIQUES DE CHARLU
VdS : Ton blog, Les chroniques de Charlu a ce parti pris entre ta création et l'écoute d'un disque, d’un artiste. Que désires-tu transmettre ?
VincenD : «J’ai longtemps hésité à mélanger la musique et la peinture sur le blog. C’est pourtant deux choses indissociables, comme les odeurs, les textures et les sons de la peinture d’ailleurs. Chaque séance de peinture a son lot de disques, des disques de chevalet. Ils sont particuliers : ils sont là pour aider à me mettre en condition et complètement différents de ce que j’écoute « librement ». La musique et l’histoire discographique ont pris un caractère obsessionnel dans ma vie, dès l’âge de 10 ans, bien avant la peinture. Il est évident pour moi, que chaque paysage déclenche un son et une interprétation picturale. En vice et versa. Déclencheurs, déclics… tout support confondu. Par contre, je ne connais pas le résultat de l’influence qu’à sur moi l’écoute de telle ou telle musique. Quelle autre couleur si Hildur Gudnadottir avait remplacé Peter Broderick ? Il n’empêche, tout commence par un état, une vision que vient mijoter la diffusion d’un disque. Il était alors nécessaire de proposer les deux sur le blog. Il y a toujours un manège étrange entre les mots, la peinture, la musique, comme les sentiments, la biologie et le sexe par exemple. Tout est indissociable.
La nature que l’on veut peindre a un son. Le vent est un drone différent selon l’endroit. Dans les peupliers, la musique est métallique, sur un champ de froment elle est douce et flou, vers l’horizon elle siffle, la neige capitonne les résonnances, les ruisseaux empierrés des symphonies et les pluies sont des chants, avec à chaque fois, une odeur et une couleur différentes.
J’espère à la lecture des chroniques musicales, transmettre tout ça, et pas uniquement les crédits techniques de l’histoire d’un album, même si c’est nécessaire quand même. En revanche, c’est peut être assez personnel, si je peux juste donner envie. S’approprier un album ou un paysage et y mettre des mots ou de l’huile, c’est très excitant. Il y a vraiment une grande différence dans mes chroniques entre les albums « normaux » et ceux qui m’aident à peindre, c’est là que le très personnel apparaît».
VincenD
vendredi 14 septembre 2012
Cyril M.
Cyril M., étrange simplicité d'un pseudo reprenant nom et prénom. Un jeune artiste aux allures sombres et ténébreuses, tout vêtu de noir. Un trait d'union nourri des meilleures intentions.
Timidité éclose, "Travel Thoughts", premier album, en duo avec David Loup, sous le nom d'Haze Caress. Entre tentatives électriques et folk décalé, cet album se cherche sans contradiction, toujours avec une même ligne directrice.
Cyril M. revient ensuite avec "Attraction et Répulsions", unique plage de 35 minutes. Expérience sonore qui investit des champs magnétiques, hors-champs, comme un long et lent travelling avant allant crescendo. Modulation des fréquences, défragmentation, ellipse sinusoïdale épileptique.
En février 2012, sort "Démesure Du Vide".
Entre ambiances feutrées, la marque du bruit et une voix omniprésente, cet album est plus contrasté et théâtral. Plus mature.
La guitare de Cyril M. possède la consistance d'un filtre : c'est l'idée que l'on peut se faire d'un prisme qui déploie ses lumières.
Cyril M. Facebook
samedi 8 septembre 2012
"Si ça va, bravo" de Jean Claude Grumberg
Entre les deux protagonistes de la pièce de Jean Claude Grumberg, joués par Etienne Coquereau et Renaud Danner, se noue une relation singulière qui n'est pas sans rappeler les personnages de Beckett.
Un décor minimal avec, en arrière-plan, des visages de spectateurs virtuels, imprimés sur une toile, face à face avec le public.
Au centre, les deux acteurs - d'un naturel déconcertant ! - s'observent, se mirent, communiquent sans forcément se comprendre. Ils se parlent, s'agitent et font diversion.
Décalée, intelligente et pleine d'humour, "Si ça va, bravo" est une pièce où l'émotion est diffuse dans toute son humanité. Un moment rare !
SI ÇA VA, BRAVO par OTHELLOVILGARD
Théâtre du Lucernaire - Jusqu'au 29 septembre 2012
53 Rue Notre-Dame des Champs - 75006 Paris
du mardi au samedi à 21h.
Le Lucernaire
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